Base militaire, désert et extra-terrestres. Nous ne sommes pas dans un épisode de X-files mais bien dans la réalité. Celle d’une vaste blague lancée sur les réseaux sociaux par Matty Roberts, Américain de 20 ans. Ce jeune homme était loin de se douter des conséquences de son post Facebook « Storm Area 51, They Can’t Stop All of Us », rédigé dans l’été. Son appel fixé pour le 20 Septembre a réuni plus d’un million de participants virtuels. Retour sur un buzz aux frontières du réel...

  1. Materia Primoris: The X-Files Theme (Main Title)


« A l’assaut de la zone 51 ; ils ne peuvent pas tous nous arrêter ». Le groupe Facebook de Matty Roberts a généré un engouement sans précédent avec plus d’un million et demi de membres à son apogée. Les internautes n’ont pas tardé à s’approprier ce groupe et son concept. Les plaisantins du réseau Reddit, réputé pour ses « memes », ont spéculé avec humour sur le butin qu’ils pourraient récupérer grâce à l’invasion de cette base militaire. Des aliens mais aussi des chaussettes égarées, un dentifrice recommandé par 10 dentistes sur 10. Ces traits d’humour se sont diffusés sur tous les réseaux sociaux en attisant l’engouement des internautes pour ce groupe Facebook.

Matty Roberts effrayé par le FBI
Cela devait n’être qu’un simple groupe parodique sur Facebook, comme d’autres groupes conçus « seulement pour rire ». Citons, en France la « fête nationale de la pomme noisette » à Rennes ou la « battle géante de Tektonik » à Caen, qui n’ont jamais donné lieu à des rassemblement physiques. Mais quand il s’agit d’une des bases militaires les plus sécurisées des Etats-Unis, un tel groupe devient plus problématique.
Comme le relate Ouest-France, Matty Roberts a déclaré : « Je me suis dit que le FBI allait débarquer chez moi et c’est devenu effrayant à partir de là (…) J’ai juste cru que cela serait drôle et que cela donnerait lieu à de chouettes blagues sur internet ». De leur côté, les autorités Américaines ont mis en garde les individus qui souhaiteraient braver la loi. L’US Navy a ainsi rappelé que la zone 51 « est un champ d’entraînement ouvert pour l’US Air Force, et nous décourageons quiconque d’essayer de venir dans la zone où nous entraînons les forces armées américaines ».
Il n’est pas rare que des groupes Facebook appellent à la désobéissance civile vis-à-vis de l’Etat ou d’une entreprise comme par exemple le groupe Action Rébellion ou les groupes de gilets jaunes, pour citer des exemples Français. Débordé par l’engouement des internautes, le créateur du groupe zone 51 a donc été contraint de le fermer fin août.

Seulement 3000 personnes sur place
Le raz-de-marée attendu n’a pas eu lieu mais l’événement est quand même passé du virtuel au réel. Ce sont quelques 3 000 personnes qui se sont réunies comme la star du X Riley Reid et le YouTubeur Danny Philippou. Les autorités n’ont pas employé la violence et les participants se sont amusés dans une ambiance cordiale et déguisée. Des passages de cette journée sont même devenus cultes comme le « Naruto run » d’un jeune Américain. (Cf tweet ci-dessous). Le Shérif Kerry Lee s’est d’ailleurs félicité devant les caméras de la CNN pour l’ambiance calme et apaisée de la journée « Quand on leur a expliqué à quoi ils s’exposaient, ils y ont réfléchi à deux fois. ».
Les deux seuls incidents concernent un Canadien qui a fait preuve d’un « comportement indécent » et d’une femme qui s’est approchée trop prêt de la barrière.

Des références gravées dans la pop culture
Comment une blague lancée sur les réseaux sociaux par un jeune homme de 20 ans a pu déclencher un tel engouement ? Parce que les théories entourant la zone 51 et ses supposés petits hommes verts font partie intégrante de la pop culture (lire ci-contre).
Matty Roberts va-t-il profiter de sa notoriété pour réitérer l’exploit ? L’initiateur du désormais culte groupe « Storm Area 51 » projette effectivement d’organiser un festival, Alienstock, dans une petite ville près de la Zone 51. Des problèmes liés à l’organisation d’un tel festival dans cette zone reculée risquent cependant de retarder son projet.

A propos de l'auteur :

a écrit 1 articles sur le blog Mediafactory.

Comments

0