« J’ai peur du jour où la technologie dépassera l’Humanité », disait Albert Einstein. Black mirror, série britannique du producteur Charlie Brooker, souscrit à ces craintes en mettant en scène des dystopies, récits qui dépeignent un avenir imaginaire sombre et sans issue heureuse possible.  Ces fictions, basées sur notre propre consommation de la technologie, ont de quoi nous interroger sur l’évolution de notre société toujours plus numérique…

Le titre de la série fait référence à nos écrans éteints, brillants, des « miroirs noirs ». Dans ces appareils déconnectés miroitent nos visages, nos lieux de vie… comme des témoins silencieux de nos vies qui défilent. C’est aussi ce que propose la série : un reflet de notre propre image dans nos rapports à la technologie, en explorant les dérives envisageables.

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Les épisodes sont totalement indépendants les uns des autres, que ce soit dans la narration, le décor ou le casting. Mais Black mirror n’a pas besoin de susciter l’attachement aux personnages, ni le suspense haletant fréquemment associé aux séries, soulevant la fameuse « irrépressible envie de regarder l’épisode suivant ». Bien que chaque épisode nous plonge dans un univers tout à fait différent, les scénarios délicieusement anxiogènes et subtilement déroutants allient avec intelligence fiction et réalisme, et suffisent à faire naître l’envie d’en voir encore…

 

 

La face cachée des machines

Car le schéma reste le même : plonger le spectateur dans un récit d’anticipation à partir de notre consommation actuelle des outils numériques. Dans chacun des épisodes, l’auteur imagine une évolution potentielle de notre monde en poussant à l’extrême la naissance ou l’avancée d’une technologie.

Si l’on pouvait perfectionner nos mémoires et en faire des machines d’enregistrement infaillibles consultables à volonté, quelles seraient les conséquences sur nos vies ? C’est la question que pose l’épisode de la première saison : « The Entire History of You ». Imaginez pouvoir re-visionner chaque instant de votre vie grâce à un nouveau gadget technologique révolutionnaire, et avoir la possibilité de les faire partager à vos proches.

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Combien de temps ceci restera-t-il une possibilité avant de devenir une obligation de leur prouver vos dires ? Les relations amoureuses pourraient-elles encore se baser sur la confiance mutuelle en supposant que tous les souvenirs seraient diffusables ? Comment vivre si rien ne peut être oublié par personne ?

Charlie Brooker nous présente ici une face cachée noire, traumatisante de machines ou de comportements qui sont peut-être déjà en gestation dans notre société de « digital natives ».

 

Éveiller les spectateurs

C’est en narrant des histoires de vie que Black miroir fait mouche. En parallèle à l’évolution technologique traitée, la mise en scène des personnages nous pousse à nous identifier et guide nos réflexions.

1 million
de téléspectateurs 

Et le spectateur de se demander ce qu’il ferait dans un tel environnement, comment éviter d’arriver là et si le monde dans lequel il vit n’est pas déjà lui-même un épisode de Black mirror, dont il serait un acteur malgré lui

Dans la continuité d’œuvres littéraires comme Fahrenheit 451, 1948, ou de films comme Her, Timeless, Orange mécanique, Wall-e Black mirror prouve que les dystopies n’ont pas finis de nous troubler, surtout lorsqu’elles développent un thème aussi familier que l’omniprésence des technologies dans nos vies.

Charlotte Pasquier

 

Les 6 premiers épisodes de la saison 3 sont sortis le 21 octobre sur la plateforme de streaming Netflix, avec comme nouveauté une équipe différente à la réalisation de chaque épisode.

 

 

« Le cauchemar éveillé de Black Mirror » Le Figaro 

Détails sur un épisode de la saison 3 par Numerama.com ( /!/ SPOIL) 

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