Comment évolue la fonction communication ?  Pour y répondre, directeurs de communication et étudiants en master 2 de la spécialisation « communication des entreprises et des institutions » à Audencia SciencesCom ont participé ensemble à la 4ème édition de Com Factory.

Cette rencontre entre étudiants et professionnels s’inscrit dans le cadre du cours de « management de la fonction communication » et est mise en place avec la chaire Suez-Audencia « Communication corporate et transformation digitale ». Entretien avec Olivier Pohardy, responsable de la spécialisation « Communication des entreprises et des institutions ».

 

  • D’où est venue l’idée de créer un événement mêlant étudiants & professionnels de la communication ?

Olivier Pohardy : Cette idée s’inscrit dans un contexte qui est celui de mettre nos étudiants en relation avec des professionnels de la communication dès que l’occasion se présente. Et cela parce qu’il y a des choses que l’on peut apprendre en cours, mais il y en a d’autres qui sont de l’ordre de ce qu’on appelle le « professionnalisme » qui ne s’apprennent que par la confrontation et l’observation des personnes qui sont en poste. C’est en rencontrant un chargé de communication que l’on se rend compte de son niveau de discours, ce qu’il a en tête, ses problématiques etc.  C’est donc un principe qui fait partie de l’identité du programme. Cela permet de faire le lien pour les étudiants qui sont en fin de parcours, d’évaluer leur opérationnalité.

 

  • Quels sont les objectifs de ces rendez-vous annuels ?

Olivier Pohardy : Cette rencontre a d’abord un objectif pédagogique : il s’agit de générer des occasions de rencontre entre les étudiants et les professionnels. La finalité est de pouvoir réfléchir aux évolutions de la fonction communication face aux évolutions plus globales des organisations, des entreprises et de la société en général.

 

  • Est-ce que les retours des communicants professionnels permettent à SciencesCom d’ajuster ses programmes auprès des étudiants ?

Olivier Pohardy : C’est effectivement de la matière qui va rentrer en compte pour nous, en tant qu’école, pour renouveler les programmes et les spécialisations. Notamment dans le cadre de la refonte de nos programmes, car comme vous le savez nous allons renouveler notre visa. Cela s’ajoute aux avis que nous récupérons auprès des experts et des enseignants chercheurs.

 

 

  • Quels sont les retours des professionnels sur cet événement ? Que retirent-ils de la confrontation avec les étudiants ?

Olivier Pohardy : Les professionnels sont très emballés par cette journée, car elle leur permet d’évaluer ce qu’ils savent et n’ont pas forcément conscience. Cela leur permet également de réfléchir à des choses qu’ils pensaient acquises. C’est aussi pour eux l’occasion d’observer ce qu’est un étudiant en communication, de découvrir le type de profil qu’ils auront dans leurs équipes. C’est une expérience rare car c’est un moment d’échanges qui permet de s’émanciper des rôles propres à chacun.

 

  • Pensez-vous que le numérique a rendu obsolètes la majorité des anciens concepts en communication ? Ou cela les a-t-ils juste transformés ?

Olivier Pohardy : Les fondamentaux de la communication : qui raconte quoi à qui etc, sont toujours là et n’ont pas changé. L’analyse, les diagnostics et la partie stratégique restent les mêmes. Par contre, cela s’inscrit dans des systèmes et des outils surpuissants qui ont révolutionné le secteur. Pour autant, le community management, par exemple, reste l’application simple de la communication. Les communicants sont toujours des professionnels de la relation. Cette relation est multipliée par la multiplicité des acteurs et des interlocuteurs et des parties prenantes qui ont maintenant aussi les moyens de répondre. On peut également parler de la question du temps : l’instantanéité est devenue la norme et cela soulève des interrogations sur la gestion du temps de travail d’un communicant.

 

  • Face à cette infobésité, les algorithmes peuvent-ils être les meilleurs amis des communicants ?

Olivier Pohardy : Il est évident que l’homme est limité quand il s’agit de sa capacité à traiter qualitativement ce grand nombre de datas. Les processus formels présentent pourtant certains risques : se faire dépasser par l’outil, perdre la subtilité de l’analyse humaine. C’est un problème très actuel qu’on relève en discutant avec les professionnels. Je me garderais de donner un avis sur la question mais il faut suivre les évolutions à venir.

 

 

  • La dépendance des chargés de com vis-à-vis des experts des différents domaines communicationnels sonnerait-elle la fin d’un certain type de hiérarchie au sein du service com’ ?

Olivier Pohardy : Je n’y crois pas, on est toujours dans une situation où le communicant, dans sa posture généraliste, va actionner des expertises variées. C’est là que la formation généraliste, qui est d’ailleurs au cœur de nos programmes, permet de suivre et de comprendre ce qui se joue. Un bon communicant peut faire les joints avec les univers de l’information, en étant avertie du métier de l’autre, ses limites et ses capacités.

 

  • Peut-on imaginer une 5ème édition l’année prochaine et avez-vous déjà défini un thème de travail ?

Olivier Pohardy : Oui puisque la formule fonctionne, bien qu’elle puisse être amenée à changer, que ce soit dans le process ou dans le rendu. Il est inévitable que l’on change des choses, j’ai déjà plusieurs pistes en tête, comme un factory mobile par exemple. Cette journée a vocation à intégrer toute forme de réflexions sur les évolutions de la fonction communication, de façon dynamique et sympathique.

 

Propos recueillis par Clément Bignet

 

A propos de l'auteur :

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