C’est à 20 heures tapantes, jeudi 1er septembre 2016, que France Info a fait irruption sur le canal 27 de la TNT. Cette nouvelle chaîne d'information continue est née d’une union entre la radio du même nom et France Télévisions, en partenariat avec France 24 et l'Institut national de l'audiovisuel (INA). Son objectif ? Se démarquer de ses trois concurrentes BFM, Itélé et LCI sur le fond comme sur la forme.

Á quoi ressemble cette nouvelle plate-forme d'information ? Décryptage.

 

Sur France Info, la star, c’est... l’information

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Ce qui frappe, sur cette chaîne, c’est qu’elle réunit une multitude de visages jusqu’alors inconnus du grand public. Ici, pas de ton formaté ni de plateau attitré : les journalistes, à l'allure plutôt décontractée, présentent leurs journaux debout et se déplacent volontiers au beau milieu de la rédaction, devancés par des caméras en "travelling".

 

Derrière le rideau. Le spectateur se sent pleinement intégré aux coulisses de fabrication de l'information, avec des journalistes qui se succèdent à tour de rôle derrière leurs écrans d'ordinateur où défilent images et graphiques en tout genre. Une ruche en mouvement permanent qui peut parfois donner le tournis mais qui n'est pas sans rappeler certains codes des chaînes d'information britanniques...

 

Un ton plus mesuré. La chaîne se démarque notablement du ton anxiogène et de l’"hystérisation" de l'actualité souvent reprochés aux chaînes d’information en continu. Les journaux se concentrent ainsi sur un nombre limité de sujets, traités sous différents angles. Nous sommes davantage dans le décryptage et l’analyse que le "breaking news". Une attention louable de Michel Field, directeur de l'information chez France Télévisions, qui confiait dans les colonnes du journal Libération durant l’été vouloir « renoncer à la boucle obsessionnelle qui brasse souvent plus de vide que d’information ».

 

Trop d'info tue l'info? Ce qui déconcerte, en revanche, c’est la multitude de sujets présentés sans voix off ni commentaire. Des séquences où des éléments visuels comme des chiffres, des textes ou des infographies sont très présents. Quand vous êtes devant France Info, vous devez rester rivés devant l’écran car il y a beaucoup à lire.

 

Un humour à double tranchant. L’autodérision a aussi une place importante dans cette chaîne, comme avec des pastilles d’archives de l’INA au ton ironique ou lors de prévisions météo ponctuées de GIF, ces images animées qui se partagent sur les réseaux sociaux. Concept séduisant au départ qui finit cependant par devenir répétitif...

 

Des programmes différents. Parmi les formats qui ont particulièrement retenu notre attention en cette période pré-électorale figure « Première Campagne ». Réalisée en partenariat avec la plateforme France- tv-info éducation, cette émission permet à des pré-adolescents d'aller à la rencontre des candidats à l’élection présidentielle. Arnaud Montebourg, Jean-François Copé, Cécile Duflot ou Benoît Hamon se sont déjà pliés à l’exercice. Les questions posées par ces futurs électeurs, souvent pertinentes et originales, apportent un autre regard sur la politique.

 

Une chaîne connectée. France Info, c'est aussi une plate-forme très riche sur le web, qui se veut omniprésente sur les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter, Snapchat ou Instagram. Des vidéos et des contenus sont d'ailleurs réalisés spécialement pour ces supports.

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Mais tout n’est pas rose. L'organisation de la rédaction de France Info, qui se définit comme un média global (radio, télé, web, application), n'a rien d'évident, car elle mêle des cultures professionnelles très différentes. Des journalistes de la radio France Info (fondée en 1987) se sont ainsi inquiétés de voir leur crédibilité et leur spécificité remis en cause par la naissance de la chaîne et de son site web, où des informations issues de sources très variées sont diffusées. La chaîne a également vécu un conflit syndical très violent à son démarrage au sujet des tâches de montage effectués par les journalistes alors qu'il ne s'agit pas de leur coeur de métier.

 

Quelle place dans le PAF?

D’après les chiffres de Mediamétrie, en octobre 2016,

Le canal 27 réalise 0,3% de parts de marché en moyenne,  plaçant la chaîne derrière  LCI (0,4%), Itélé (0,6%) et BFM (2,3%)

(source ozap.com)

France Info va-t-elle trouver son public? Bénéficiera t-elle des conséquences de la grève à I-télé pour récupérer des téléspectateurs ?

Ne tirons pas de conclusions hâtives et laissons lui le temps de s’installer. Pour l'heure, il est difficile de dire si France Info propose quelque chose de mieux que la concurrence ou tout simplement une nouvelle façon de traiter l’information à la télévision...

 

 

Pour aller plus loin :

 

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