Ces derniers mois, le match Trump-Biden a tenu en haleine les Français. Cependant, vous n’avez pas pu rater l’étoile montante du parti Démocrate américain, Alexandria Ocasio-Cortez (AOC). Fortement soutenue par Bernie Sanders, elle a récemment été réélue représentante au Congrès du 14ème district de New-York. Sa particularité ? Maîtriser à la perfection les codes de la communication sur les réseaux sociaux…

Qui se cache derrière les initiales AOC ? Issue d’un milieu compliqué et née d’une mère portoricaine, son ascension n’avait rien d’évident dans un milieu dominé par les hommes blancs. Mais cela ne l’a pas empêchée de détrôner l’ancien représentant Joseph Crowley, établi depuis des décennies dans le 14ème district de New York. Contrairement à son adversaire qui faisait campagne avec 3,4 millions de dollars en 2019, AOC se lance avec 194 000 dollars et n’hésite pas à descendre dans la rue pour se faire entendre. Ancienne serveuse dans le Bronx, les gens connaissent cette jeune femme de leur quartier, qui n’ignore rien de leurs revendications et qui saura se battre pour eux. Elle commence par du porte à porte, ralliant de plus en plus de votants derrière elle.


Mais ces efforts ne suffisent pas à rassembler assez de monde. Face à Crowley et sa campagne classique, une solution lui vient en tête : rallier des électeurs sur les réseaux sociaux. Avec aujourd’hui plus de 10 millions de followers sur Twitter (@AOC) et 8 millions sur Instagram (@AOC), Alexandria Ocasio-Cortez se rend accessible et rend la politique plus simple pour tous, milieu anciennement gardé précieusement par ses pairs. Elle n’hésite pas à poster des vidéos au Congrès devant son bureau, enchaînant quelques pas de danse. Et cela fonctionne, les Américains l’adorent et les politiques la détestent. En effet, AOC est constamment jugée sur son physique. Lorsqu’elle est invitée à une interview pour le journal Vanity Fair, sa tenue sera jugée trop onéreuse pour une démocrate se battant pour les droits des plus défavorisés.

AOC Vanity Fair

De Twitter à Twitch

Moqueuse, AOC se démarquera alors par son rouge à lèvres vif qu’elle décidera de porter à chaque apparition publique. Sa marque de féminité devient alors sa marque de fabrique et même une prise de pouvoir face à ses opposants. La jeune femme déroge alors à toutes les règles établies en politique : elle parle fort, n’hésite pas à reprendre ses collègues lorsqu’elle est en désaccord mais surtout elle tend à faire disparaître les disparités entre homme et femme dans le domaine politique. AOC fait peur, c’est un fait mais elle sait faire parler d’elle. La chaîne de télévision FoxNEWS, plutôt orientée républicaine, la cite alors plus de vingt fois en moins de 24h après son élection au Congrès.

AOC AU


Lors des élections présidentielles 2020, Alexandria Ocasio-Cortez cherche à pousser les jeunes à voter. Elle enchaîne les posts sur ses réseaux sociaux, broadcast des lives où elle invite les citoyens à lui poser des questions, sur la politique mais aussi sur elle et son quotidien. Mais c’est avec une idée de génie qu’elle touchera un large public : AOC se lance sur Twitch (plateforme de live où il est possible d’interagir avec les spectateurs) et invite ses followers à venir jouer avec elle à Among Us (jeu en réseau populaire en ce moment, ressemble un peu au jeu de société Les loups garous de Thiercelieux). Et c’est devant presque un demi-million de personnes que la magie opère (Le Monde).

« Si vous pouvez voter, alors assurez-vous de vous organiser pour aller voter. Si vous ne pouvez pas voter, essayez de parler à quelqu’un qui le peut. C’est tout ce qui importe ce soir » dit-elle lors de son live. Aujourd’hui encore, AOC reste la plus jeune élue au Congrès et ne compte pas rester les bras croisés sans faire bouger les choses. C’est définitivement une personne à suivre de près.

Un petit plus si son histoire vous a inspiré : le documentaire « Cap sur le Congrès » réalisé par Rachel Lears et disponible sur Netflix. Il met en scène AOC et quatre autres femmes américaines lors de leurs campagnes respectives de 2018 pour une place au Congrès.

A propos de l'auteur :

Etudiante en première année à Audencia SciencesCom Passionnée par la communication, la cause féministe et les conversations.

a écrit 1 articles sur le blog Mediafactory.

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