La publicité vise depuis toujours à attirer l’attention du consommateur. Sauf qu’elle le fait de plus en plus de manière cachée, pour ne pas dire sournoise, notamment grâce aux progrès du web 2.0. Tour d’horizon des pratiques publicitaires les moins avouables….

La première image qui vous vient en tête quand on parle de publicitaire ? Un jeune hipster parisien qui se voit confier des projets dépassant ses responsabilités ou un beau gosse à la « Mad men » qui trouve une solution miracle à tous ses clients en touchant 20% de commission au passage ?

  

Oui mais non. Le marché de la publicité est plutôt une affaire de mastodontes. Avec des agences multinationales qui se partagent le colossal gâteau de la réclame : Havas, Omnicom et Publicis pour ne citer personne… Arrivée à saturation il y a une vingtaine d’années, la publicité a su trouver un nouveau terrain de jeux avec internet, permettant à de nouveaux acteurs de se faire une place. Et à de nouveaux métiers d’émerger : digital officer, community manager…

Sacrée data

Surtout, elle bénéficie de ressources et d’outils digitaux ultra pointus : géolocalisation, données personnelles précises, habitudes de consommation. Votre profil digital est devenu une telle mine d’information que vos données vont jusqu’à s’échanger sous forme de « fichier client ». Comptez par exemple 60 centimes d’euro par contact d’un fichier recensant votre adresse, votre nom et votre âge (sachant que ces fichiers « simples » intéressent principalement les prospecteurs téléphoniques).

Vos « datas » sont précises au point que les études menées par les acteurs de certains secteurs ne reposent plus que sur elles. Ces traces laissées sur le réseau ont créé un « moi numérique », particulièrement sensible à la pub. Que vous soyez sur les réseaux sociaux ou en train de surfer sur la Toile, Bigbrother vous analysera pour formuler des recommandations : cet ordinateur dont vous rêvez reviendra désormais dans toutes les banderoles des sites que vous consulterez. Vous avez dit intrusif ? Oui, sauf que les cookies (des mouchards virtuels) sont disposés sur les sites internet et les réseaux sociaux en toute légalité à l’initiative de leur créateur.

Publicité cachée

Vos données valent donc de l’or, mais ce qui intéresse le communicant, c’est votre attention ! N’ayant plus envie de subir le bourrage de la télévision et l’espionnage d’internet, nous nous tournons naturellement vers les réseaux sociaux. Mais le saviez-vous ? La génération des 20-35 ans s’informe principalement sur ces plateformes. Le nouvel objectif, accrochez-vous bien, est de faire passer une publicité dans un message d’apparence informatif. 

  

Bienvenue dans le monde merveilleux du publi-reportage. Qui (selon Wikipédia) est une publicité, conçue par une entreprise, qui se présente sous forme d’article, d’interview ou de reportage.

Et de là lui vient cette forme de vice, jouant sur vos centres d’intérêt, le publireportage aura un titre racoleur, des illustrations sympathiques et un style d’écriture imitant fidèlement les grands journaux, parfois même prenant leur nom dans votre fil d’actualité.

Là où vous pensiez en apprendre davantage sur les économies d’énergie (oui vous avez une sensibilité écologique, mais entendez le comme LE centre d’intérêt qui vous a poussé à cliquer), vous trouverez une subtile allusion à des lampes basse-consommation dans un célèbre magasin Suédois.

Ne jugeons pas trop vite le publi-reporter. Cette méthode est à l’initiative des entreprises-annonceurs qui comprennent les enjeux de l’information sur internet et qui souhaitent la stimuler. Souvent, le publi-reporter est un journaliste de formation qui, ponctuellement, offre des services de publication commerciale à des entreprises qui le rémunère. De quoi affiner toujours plus la frontière entre information et communication…

Le bal des influenceurs

Et si on parlait des influenceurs qui inondent les réseaux sociaux ? Ils ont mis moins de 10 ans avant d’émerger des tréfonds d’internet (ou de leur chambre ? On s’y perd). Vous en connaissez certains grâce aux plateformes de vidéos : Norman et Cyprien se sont fait connaître pour leurs sketchs, Squeezie pour ses revues de jeux vidéo ou encore Enjoy Phoenix qui a lancé la mode des tutos make-up en France.

 

Mais saviez-vous que ces vidéastes « amateurs » étaient rémunérés ? Ils opèrent, passé un certain nombre d’abonnés à leur chaîne, une transition d’image qui les envoient vers le convoité et élégant poste « d’influenceur ». C’est-à-dire que leur audience est assez conséquente pour qu’ils soient approchés par des marques qui les subventionnent : ils font la promotion d’articles ou de services qui leurs sont donnés gratuitement (on parle de micro-influenceur) ou qui sont payés à hauteur de leur contrat avec une marque.

Mais il arrive que ces influenceurs se retrouvent au centre de polémiques, entraînent leur mécène dans leur chute. Tapez par exemple « Logan Paul » sur Google pour comprendre les raisons de sa dégringolade. Au rayon des remises en question, la place des enfants-influenceurs a elle aussi été posée : est-il légitime d’utiliser l’image de son enfant pour entretenir une notoriété publique ? On vous laisse juger...

A propos de l'auteur :

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