Depuis sa sortie sur Netflix en septembre dernier, la série tant attendue Emily in Paris s’est attirée les foudres du public. Si pour certains, elle offre une bulle de légèreté bienvenue sur la vie parisienne, pour d’autres, elle véhicule des stéréotypes sur les métiers du marketing en France et en particulier dans la capitale.

Si le marketing fait souvent bon ménage avec les séries, encore faut-il savoir le rendre crédible. A en croire les critiques mitigées du public après le diffusion d’Emily un Paris, l’utilisation des médias sociaux par l’héroïne de la série  ne reflète en rien la réalité. Emily in Paris n’est donc pas seulement une caricature de la vie parisienne, elle se joue également des méthodes de travail du monde de la communication… Si vous n’avez pas encore vu cette série, laissez-moi vous en faire le synopsis…

Emily in Paris

Emily in Paris est une série télévisée américaine produite par Darren Star, l’homme à l’origine de la série à succès « Sex & the city », dont on ne présente plus l’histoire, ou encore la saga Beverly Hills 90210, elle aussi renommée dans les années 1990. Cette nouvelle série est diffusée sur Netflix dans tous les pays francophones depuis octobre 2020.

Emily Cooper, le personnage principal, se rend à Paris pour saisir une opportunité professionnelle dans une agence de marketing parisienne. Sa venue doit permettre d’apporter un point de vue américain pour moderniser l’image de l’agence Savoir. Mais cette arrivée n’est pas au goût de tout le monde et surtout pas celui de sa patronne, Sylvie qui va lui en faire voir de toutes les couleurs. Le choc culturel se fait ressentir par Emily, qui doit jongler entre sa nouvelle carrière, ses nouveaux amis et amours et surtout sa vie d’influenceuse grandissante. 

De nombreuses incohérences

Emily endosse le rôle d’une « millénial » progressiste voulant révolutionner les méthodes de communication de son agence en utilisant les réseaux sociaux comme axe stratégique. Mais les clés de son ascension décrits dans la série semblent bien déconnectées de la réalité du métier. Certains détails n’ont pas échappé aux regards critiques des social media managers. Par détails, j’entends les hashtags présents dans ses publications, dont les mots n’ont parfois rien à voir avec ses photos. Or, l’une des règles  d’or en community management, c’est pourtant de savoir manier avec précision ces petits signes (#) que tout le monde connaît et reconnaît sur les réseaux sociaux, afin d’attirer un maximum de personnes et de susciter l’engagement sous ses posts.

Autre incohérence qui ne laisse par les professionnels indifférents : les photos postées par Emily sur son compte Instagram d’influenceuse. Elles sont prises très spontanément, en plein Paris, sans retouches ni filtres. Comme lorsque le personnage principal pose avec la boulangère devant sa boutique. On se demande comment la notoriété d’Emily a pu grimper si soudainement avec des photos si caricaturales et si peu travaillées…

Nos quatre conseils à Emily…

1 / Utiliser plus sérieusement les médias sociaux. La manière d’appréhender les réseaux sociaux par Emily est si spontanée qu’elle en deviendrait presque simpliste. Or, on sait qu’il faut bien différencier les comptes personnels des comptes professionnels. En communication, il faut généralement établir un plan stratégique en amont, effectuer des rapports d’analyse, et définir notre cible, notre stratégie et nos objectifs de communication. Une fois toutes ces étapes appréhendées, on peut programmer ses posts en définissant une ligne directrice cohérente avec ses objectifs. 

C’est d’ailleurs là que l’utilisation des hashtags prend tout son sens. Si on en croit la série, il suffirait simplement de publier des selfies ou photos et d’y ajouter du texte sans réflexion préalable. On ne retrouve pas non plus la présence de Twitter parmi ces réseaux, pourtant crucial dans une communication de marque

2/ Collaborer au sein de l’agence de marketing . Inutile de préciser que dans le mot  ommunication, il y a le verbe communiquer. En d’autres termes, l’échange et l’esprit d’équipe sont primordiaux pour le fonctionnement et la pérennité d’une agence. Cependant chez Savoir, les altercations entre Sylvie et Emily sont si nombreuses que l’on se demande où est passée la cohérence de groupe. Certes, il est plus alléchant pour une série de mettre en scène des différends entre personnages, mais malgré tout, on retrouve peu de moments complices entre collègues. Même lors des réunions, personne n’est d’accord avec les idées de l’autre. 

3/  Connaître son environnement et sa culture avant d’intégrer une entreprise. Un préalable qu’Emily a sans doute oublié puisqu’en débarquant à Paris, sans rien connaître de la culture française, et ne parlant pas la langue officielle, elle s’est embarquée dans un challenge de taille qui lui a valu quelques soucis. Malgré quelques quiproquos et des remises en questions, la jeune femme n’a pas abandonné et s’est consacrée à plein temps à son travail pour dévoiler ses compétences et sa disponibilité à ses collègues qui ont (presque tous) fini par l’accepter. Même si l’histoire se termine bien dans la série, mieux vaut être curieux et s’imprégner de la culture d’une société avant de l’intégrer. Cela fait toujours sensation auprès des recruteurs. 

4/ Ne pas trop mélanger vie privée et vie professionnelle. Aujourd’hui, les influenceurs ont une place importante dans le monde de la communication et du marketing. Jouer de sa notoriété pour favoriser celle de l’entreprise pour laquelle on travaille, pourquoi pas.  En revanche, il ne faut pas en abuser et oublier que toutes les décisions prises par l’entreprise sont avant tout professionnelles et ne peuvent s’appuyer sur un point de vue personnel. Gérer les comptes des réseaux sociaux d’une entreprise et ses comptes personnels sont deux manières très différentes de s’exposer. 

Emily, une héroïne qui nous fait sourire

En définitive, même si cette série a de quoi faire s’arracher les cheveux aux professionnels du marketing, elle véhicule un message positif sur le monde du travail. A travers cette série, on entrevoit la passion du personnage principal pour son travail, malgré les désaccords qu’elle peut avoir avec ses collègues. Emily est un personnage attachant qui apporte un brin de fraicheur et de générosité dans un climat parfois morose. Elle représente une certaine idéologie américaine positive et reconnaissante, et ça fait du bien !

A propos de l'auteur :

Etudiante en première année à Audencia SciencesCom. La mode et le sport sont ses passions !

a écrit 2 articles sur le blog Mediafactory.

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