Avec ce second confinement, nous avons de nouveau été contraints d’abandonner les projections en salle. Mais les visionnages à la maison peuvent-ils suffire à épancher notre soif de cinéma ? Certainement pas !

Pour beaucoup d’entre nous, déjà adeptes de Netflix ou Amazon Prime, ce second confinement ne change pas grand-chose puisque nous avons aujourd’hui la chance d’avoir accès à des contenus cinématographiques à la demande via les plateformes de streaming, gratuitement (ou presque gratuitement).

Tout d’abord, regarder un film chez soi et aller au cinéma sont deux expériences totalement différentes. Je n’invente rien, les chercheurs des sciences de l’information et la communication l’affirmaient déjà en soulignant l’importance de l’étape de réception par le public. La manière dont un message est diffusé puis reçu occupe une place centrale dans le processus de communication. Par conséquent, si les conditions dans lesquelles nous le regardons ne changent pas le film en lui-même, cela transforme du tout au tout l’expérience que nous en avons.

Cinéma en salle, une expérience à part

La qualité de son et d’image n’y est évidemment pas pour rien. Se déplacer au cinéma, c’est pouvoir apprécier pleinement l’intensité du film, sur grand écran et avec des effets sonores incomparables. Rien à voir avec la capacité de notre ordinateur portable. 

Lors d’une conférence sur le sujet, le réalisateur Barry Jenkins affirmait en effet : “De la même manière que les réseaux sociaux rendent approximative l’expérience de la vie en communauté, je pense que la manière que nous avons de regarder ces choses -que ce soit sur nos écrans plats, smartphones ou ordinateurs- est toute aussi approximative, sinon éloignée, de l’expérience intentionnelle de départ qu’a toujours été le cinéma.»

Plonger dans une histoire

La différence se fait aussi grâce à l’immersion totale permise par les salles de cinéma. Poussée la porte de la salle obscure, on oublie sa vie pour plonger dans celle des protagonistes. Nous sommes totalement coupés du monde, du bruit ou de la lumière extérieurs : on peut mettre tout le reste de côté pour se concentrer uniquement sur le film. 

Une immersion quasiment impossible à reproduire chez soi. On aura beau se mettre dans les meilleures conditions, il y aura toujours quelque sollicitation extérieure pour nous parasiter : un SMS, un mail ou un problème de connexion. Quand je regarde un film chez moi, il y a toujours un moment où je décroche et pense à autre chose… 

Suivre l’actualité

La projection en salle offre à mes yeux bien d’autres avantages. Notamment le fait de voir des sorties récentes. Je trouve toujours agréable de suivre l’actualité du cinéma. Même si j’adore revoir des classiques, il est excitant de découvrir les derniers films sortis et de suivre leur avancée : la critique, son succès (ou non) et les éventuelles récompenses qui suivront. 

Le cinéma, comme tout art, est aussi un reflet de notre société, le miroir d’une époque. Se questionner sur les sorties récentes, c’est ainsi mieux comprendre les enjeux du monde dans lequel on vit.

Soutenir le secteur

Autre raison essentielle de reprendre le chemin des salles obscures : le soutien aux artistes. Que ce soient les comédiens, les réalisateurs, les producteurs, les metteurs en scène, les distributeurs, les techniciens… un paquet de personnes travaillent pour l’industrie cinématographique et avancent désormais dans le flou total. 

L’apparition du streaming illégal et le développement massif de plateformes comme Netflix, couplés à la crise du Covid-19, représentent des menaces non négligeables. De la même façon que certains lecteurs adeptes de la liseuse continuent à acheter en format papier les derniers ouvrages de leurs auteurs préférés, le fait de payer un ticket de cinéma peut être vu comme un acte militant, en faveur d’un secteur mis à rude épreuve par la pandémie. Alors, prêt à se (re)faire une toile ?

A propos de l'auteur :

Etudiante en première année à Audencia SciencesCom Passionnée par le rock, la littérature et le cinéma !

a écrit 3 articles sur le blog Mediafactory.

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