
Génération scroll : entre likes et mal-être
Les réseaux sociaux font partie du quotidien des jeunes. Ils permettent de discuter, s’informer et se divertir, mais leur impact sur la santé mentale inquiète de plus en plus. Heureusement, des solutions s’esquissent.
Les adolescents, plus vulnérables, sont particulièrement exposés aux dérives des réseaux sociaux. Le sentiment de comparaison est l’un des problèmes majeurs. Sur Instagram, TikTok et Snapchat, les utilisateurs mettent en avant une version idéalisée de leur vie : filtres, retouches, mises en scène… Cette perfection artificielle peut générer des complexes, une mauvaise image de soi et, dans certains cas, des troubles alimentaires. L’obsession des « likes » et des commentaires alimente une quête de validation sociale qui peut peser lourd sur le moral des jeunes.
L’addiction aux réseaux sociaux est un autre enjeu préoccupant. Les plateformes sont conçues pour capter l’attention le plus longtemps possible grâce aux notifications et aux vidéos qui s’enchaînent sans fin. Beaucoup d’adolescents passent des heures à scroller, au détriment de leur sommeil, de leurs études et de leurs relations sociales. Fatigue, manque de concentration et isolement en sont les conséquences directes.
Billy Eilish – Licence Creative commons
Les réseaux sociaux sont un endroit vraiment terrible. Si tu t’y laisses piéger, tu peux perdre la tête. »
Billie Eilish
Le cercle vicieux des algorithmes
Les réseaux sociaux ne mettent pas toujours en avant des contenus positifs. Les algorithmes favorisent ce qui attire l’attention, souvent au détriment de la fiabilité. Fake news, théories du complot, tendances dangereuses… Sans une éducation numérique adéquate, il devient difficile de démêler le vrai du faux.
Pire encore, lorsqu’un jeune consomme du contenu anxiogène, les algorithmes lui en proposent davantage, renforçant ainsi son mal-être et sa dépendance aux écrans. Ce phénomène peut entraîner une spirale négative dont il est difficile de sortir.
Ironiquement, bien que les réseaux sociaux permettent de rester en contact avec ses proches, ils peuvent aussi renforcer un sentiment de solitude. Certains adolescents privilégient les échanges virtuels aux relations réelles, développant une forme d’anxiété sociale qui les empêche d’interagir sereinement dans la vie quotidienne.
Quelles solutions ?
Pour réduire la dépendance aux écrans, il est conseillé de fixer des limites de temps d’utilisation et de privilégier des activités hors ligne (sport, lecture, sorties). Certaines plateformes commencent à proposer des outils pour aider les utilisateurs à gérer leur temps d’écran, mais leur mise en application reste encore marginale.
L’éducation au numérique est un levier fondamental. Apprendre à identifier les « fake news », protéger sa confidentialité et comprendre les risques liés aux réseaux sociaux est essentiel. Les parents doivent également s’impliquer en accompagnant leurs enfants vers un usage plus responsable et en questionnant leur propre rapport aux écrans.
Une sécurité renforcée
Un meilleur contrôle de l’âge des utilisateurs et des outils de surveillance plus performants pourraient mieux protéger les mineurs. Actuellement, l’inscription aux réseaux sociaux est interdite aux moins de 13 ans, mais cette règle est facilement contournée.
Certaines plateformes proposent néanmoins des alternatives plus sécurisées. YouTube Kids filtre les contenus et permet un contrôle parental strict. Zigazoo, une version de TikTok adaptée aux enfants, mise sur des vidéos positives validées par des modérateurs. Instagram a également renforcé la protection des adolescents en limitant les interactions avec des adultes inconnus et en proposant un mode « supervision parentale » permettant aux parents de suivre l’activité de leurs enfants sur l’application.
Les réseaux sociaux ne sont pas uniquement néfastes. Bien encadrés, ils peuvent être un outil de communication et d’information précieux. Mais pour préserver la santé mentale des jeunes, une action collective est nécessaire mêlant acteurs du numériques, institutions publiques et familles.
