Décryptage Evènementiel

Les défilés de mode : des spectacles privés aux shows internationaux

Les défilés sont bien plus qu’une simple vitrine pour les créateurs de mode. Ces événements imprégnés de créativité et d’extravagance n’ont cessé d’évoluer avec le temps.

C’est le rendez-vous incontournable des célébrités et des spécialistes de la mode. Quatre fois par an, les défilés rivalisent d’extravagance et d’inventivité. Mais avant d’attirer l’attention des médias, cet événement est le fruit d’une longue histoire. Tout commence en 1850 avec le créateur britannique Charles Frederic Worth qui a introduit le premier défilé de mode en mettant en scène ses créations sur des mannequins, dont sa femme.

Son initiative a également conduit à la création de la Chambre syndicale de la confection et de la création pour dames en France, visant à réglementer la haute couture et contribuer au développement de l’industrie de la mode. Entre le 19-ème et le 20-ème siècle, les défilés sont des spectacles privés où les mannequins sont statiques et la clientèle très restreinte, issus de la classe supérieure. Aucune communication n’est faite : le plagiat est proscrit et les photographes ne sont pas conviés, marquant un contraste frappant avec l’importance actuelle de l’image.

Un événement de plus en plus accessible

Le 20ème siècle a vu l’avènement de nouveaux défilés, le prêt à porter, rendant la mode plus accessible et plus abordable. Les évènements peuvent désormais prendre place dans des lieux plus modestes que les salons de haute couture. Durant la même période, Christian Dior révolutionne le monde de la mode avec le « New-Look », plaçant les mannequins sur des podiums et abandonnant le statique.

Les années 60 sont marquées par la créativité. Le « swinging London » émerge, plus précisément l’esprit underground et la contre-culture. On exprime des idées artistiques et sociales. De plus, les médias télévisés en parlent et diffusent les défilés, ils contribuent ainsi à la démocratisation de la haute couture.

 Les années 70 ont introduit des codes différents du mannequinat, avec des défilés décontractés et souriants, où des mannequins défilent bras dessus bras dessous ou encore les mains dans les poches. Les années 80 ont vu l’émergence des supermodels devenues des icônes dans des défilés spectaculaires. Le défilé Thierry Mugler est un exemple criant. Pour célébrer les 10 ans de la maison, il transforme la mode en spectacle. Devant 6 000 personnes au Zénith de Paris, 250 tenues se succèdent, avec une scénographie haute en couleur : Pat Cleveland descend du plafond en parure céleste et étoilée.

Christian Dior 1954

Des défilés plus inclusifs

Puis, les défilés s’exportent, à Londres, New York et Milan, qu’on appelle les « Four » avec la ville de Paris. Le « Low-profile » fait fureur dans les années 90, avec des défilés plus minimalistes comme Martin Margiela qui masque le visage de ses mannequins et organise son show dans un entrepôt de la SNCF. Alexander McQueen fait quant à lui preuve d’inclusivité en faisant défiler une athlète amputée de ses deux jambes,  une révolution sociale dans ces évènements très codés pour les corps des mannequins.

Les années 2000 ont vu l’avènement des médias sociaux et d’Internet, démocratisant davantage les défilés à travers des diffusions gratuites dans le monde entier. On met aussi l’accent sur le prêt-à-porter par rapport à la haute couture, reflétant la demande croissante des consommateurs pour une mode plus accessible. Par exemple, l’Oréal réalise un défilé visible gratuitement avec des mannequins streameuses, influenceuses actrices ou encore chanteuses.

Aujourd’hui, les évènements sont des expériences immersives, des spectacles fait par des célébrités. Les marques utilisent la créativité pour captiver l’attention du public et créer un lien émotionnel avec leurs collections, la scénographie est donc plus spectaculaire que jamais.

 

Le défi des défilés responsables

Si ces évènements peuvent intriguer, fasciner ou encore faire rêver, ils posent cependant des questions de responsabilité environnementale fortes. L’évolution des défilés de mode n’est pas sans conséquences. Les émissions de carbone de la Fashion Week, sont estimées à 241 000 tonnes de CO2 par an, l’équivalent de l’éclairage de Times Square pendant 58 ans (selon le média The Good Goods). Cela rassemble à la fois les transports de collections, les trajets en avions et les voyages entre les villes.

Elles soulèvent des questions cruciales sur l’impact environnemental des défilés. Face à cette réalité, La norme ISO 20121 émerge comme une solution tangible, mettant en place des actions concrètes pour réduire l’empreinte écologique des défilés. Bureau Betak est un exemple d’une entreprise spécialisée dans la production et le design des défilés de mode l’ayant obtenue grâce à un design éco-responsable, une tolérance zéro plastique, le recyclage de tous les déchets des défilés de mode, le choix de fournisseurs en accord avec ses valeurs. Son adoption reste insuffisante parmi les agences événementielles et les grandes marques de luxe, il faudrait que cette norme se répande pour faire perdurer les défilés tout en préservant notre planète.

 

tonnes de CO2 pour un an de Fashion Week
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