Réseaux Sociaux

Les anciens passe-temps, stars des réseaux sociaux

Les habitudes “de vieux”, font un retour remarqué sur les réseaux sociaux. C’est le cas de certains loisirs créatifs mais aussi de la manière de consommer la musique.

Ils manient les aiguilles mieux que personne, « pimpent » leurs vêtements eux-mêmes et placent l’aiguille sur la platine comme personne. Ici, on ne parle pas de nos arrières grands-parents mais bien de certains ovnis de la génération Z, qui mettent en scène leurs habitudes “de vieux” sur les réseaux sociaux.

Ce regain d’intérêt s’explique en grande partie par leur authenticité, évoquant un certain charme rétro. Par ailleurs, leur dimension écologique, souvent en opposition avec les excès de la surconsommation actuelle, constitue un atout majeur. Réutiliser, réparer ou concevoir soi-même : autant de gestes qui séduisent une population soucieuse de réduire son empreinte environnementale.

Dans un monde de vitesse qui nous échappe et de dématérialisation de tout, pouvant entraîner une certaine anxiété, le retour à la matière est refondateur d’un rapport au réel. – Géraldine Canet, docteur en art-thérapie

TikTokeuses tricoteuses

La pelote et l’aiguille, longtemps associées à l’ancienne génération, connaissent un retour en force quelque peu inattendu, notamment grâce à l’influence des réseaux sociaux. Des plateformes comme Instagram, TikTok ou Pinterest regorgent de contenus mettant en avant des créations faites à la main, des tutoriels de couture, de tricot ou de crochet, et des idées inspirantes pour personnaliser sa garde-robe. C’est le cas par exemple de @_emiliealves qui partage sur son compte Tiktok des tutoriels. Ce phénomène s’inscrit en réaction à la « fast fashion » et ses conséquences.


De plus en plus de gens redécouvrent le plaisir de coudre, tricoter ou crocheter, des activités qui permettent bien plus que de créer. Ces pratiques offrent l’opportunité de s’exprimer, de personnaliser ses vêtements voire les « pimper » pour en faire des pièces uniques. Cela répond à un besoin grandissant de se différencier. On retrouve par exemple @lucieroche__ suivie par plus de 170 000 followers sur Tiktok, qui nous montre ses plus belles créations au crochet et au tricot.


Mais l’engouement pour ces activités ne se limite pas à l’esthétisme des vêtements. Elles incarnent également une démarche responsable et durable. Réparer un pull troué ou un pantalon usé au lieu de les jeter contribue à réduire le gaspillage textile.

Streaming vs platines

Dans un monde où la musique est accessible en quelques clics via des plateformes de streaming comme Deezer et Spotify, il peut sembler paradoxal que les vinyles renaissent de leurs cendres. Pourtant, c’est le cas, notamment pour les amateurs de musique qui redécouvrent le charme d’une écoute au vinyle. En 2023, il s’est vendu plus de 5,5 millions de vinyles en France, selon le site Disquaires de Paris. Et, 42 % de ces ventes sont réalisés par des jeunes de moins de 30 ans.

La qualité du son des vinyles constitue un argument majeur pour les passionnés. Contrairement aux formats numériques compressés, qui peuvent altérer certaines nuances, le vinyle offre un son plus authentique.

Le vinyle incarne un véritable objet de collection. Son format physique, sa pochette souvent artistique et personnalisée en fonction du caractère de l’artiste en font un support sur-mesure. Rien de tel qu’afficher sa collection sur les réseaux pour vanter ses connaissances musicales. C’est ce que font les fanas de platines sur Tiktok, en affichant leur mur des pochettes de leur vinyle préféré. 

Investir dans des éditions limitées prend aussi de la valeur au fil des années. Pour les collectionneurs, il ne s’agit pas seulement d’un support musical, mais d’un véritable investissement dans le temps. Loin de l’instantanéité si chère aux réseaux sociaux.

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Évolution des ventes physiques en France © Snep

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