Utérus, règles, violences… sur les réseaux sociaux, la parole des femmes se libère

Utérus, règles, violences... sur les réseaux sociaux, la parole des femmes se libère

Les sujets consacrés au sexe féminin sont longtemps restés tabous. Mais la libération de la parole sur les réseaux sociaux permet aux femmes de se libérer de ces interdits.

Violences gynécologiques, règles, endométriose, postpartum… ces sujets de société sont longtemps restés dans l’ombre des médias traditionnels. Dans le sillage de la vague #metoo née aux Etats-Unis pour dénoncer les violences sexuelles, les réseaux sociaux ont offert un nouvel espace aux femmes pour libérer leur parole et exposer leur vérité.

De plus en plus de comptes Instagram, de vidéos YouTube ou Tiktok osent rompre le silence. Derrière, on y trouve des femmes qui ont des choses à dire. Comme Marine Gabriel qui, via sa page Instagram “Balance Ton Utérus”, partage des témoignages de victimes de violences gynécologiques pouvant être poignants voire véritablement choquants.

Le corps des femmes

Autre sujet sensible par excellence : les conséquences de la maternité sur le corps des femmes. Afin d’aider et informer les futures mamans et celles qui le sont déjà, Madeleine a « créé le compte dont elle aurait elle-même eu besoin”. Ce compte c’est “postpartum_tamere” sur le réseau social Instagram. Par des témoignages, des conseils, la fondatrice défait les clichés et les pressions que peuvent subir les mères sur la période du post-partum.

Même démarche pour le compte instagram “Règles élémentaires” qui entend casser les tabous autour des règles et de la précarité menstruelle au travers de ses nombreuses publications.

@regleselementaires

La facilité à créer et à partager un post permet d’enlever certaines barrières psychologiques. “Beaucoup de personnes arrivent à prendre la parole sur ces réseaux, c’est un outil facile d’accès, confirme Laury Gaube, directrice de la communication et sensibilisation de l’association Règles élémentaires. Ce qui est dommage, c’est qu’Instagram continue à censurer certaines images où le sang est représenté.”

“Libération de l’écoute”

Pour Louise Neuville, chargée de communication de l’association « En avant toutes », qui lutte pour l’égalité et contre les violences dans le couple, les réseaux sociaux permettent non seulement une libération de la parole, mais aussi une “libération de l’écoute”. Présente sur Tik Tok et sur Instagram avec le compte Paye ton couple, l’association profite de cette dynamique des réseaux sociaux pour proposer d’autres ressources (un tchat appelé Commentonsaime pour être mis en relation avec des professionnels qui écoutent, conseillent et redirigent vers les structures souhaitées). “Cela se fait toujours en deux temps, poursuit-elle. Il y a parler puis aussi essayer de trouver des solutions pour s’en sortir. Donc nous, on essaie de faire autant qu’on peut le lien entre les deux”.

Car la libération de la parole sur les réseaux sociaux doit être relayée par des actions d’envergure pour espérer des évolutions sociétales. “Les pouvoirs publics s’emparent un peu plus du sujet, les jeunes aussi s’en emparent beaucoup plus, se félicite Louise Neuville. Cela passe par le fait de donner de la visibilité et légitimer la parole des victimes. Mais aussi en apportant un soutien financier aux associations qui sont au cœur du problème”.

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